Faire une démonstration rapide du jdr
Proposé le : 1 mars 2011
Catégories : Conseils aux MJ, En vedette, Toutes les vidéos
Faire une démonstration rapide du jdr…Et communiquer notre passion à des néophytes
Comment peut on faire une démonstration rapide du jeu de rôle à des débutants en 5 à 10 minutes, sur le pouce ? Comment faire découvrir le jeu de rôle ?
Dans la même lignée que la première vidéo de conseils aux MJ Fabien Deneuville, auteur de la Bible du Meneur de Jeu de Footbridge Edition aborde une autre phase d’explication du monde rôliste aux novice : Comment faire une démonstration rapide, simple et entrainante pour communiquer notre passion !
Pour aller plus loin :
Le site internet de la Bible du Meneur de Jeu
La vidéo précédente de conseils aux MJ : Parler jdr à des non joueurs







mars 1st, 2011 at 11 h 43 min
La vidéo est sympa, par contre on a un peu l’impression d’être des lilliputiens avec la vue en contre plongée ^^.
mars 1st, 2011 at 17 h 36 min
trés intêressant et passionnant mais il faut une culture jdr pour d’autres univers que le futur joueur veut jouer.
mars 2nd, 2011 at 11 h 21 min
Pas mal pour les rôlistes débutants, récemment décongelés ou victimes de céphalorectomie, des idées de systèmes simples pour les autres (vers 3:35).
mars 2nd, 2011 at 15 h 46 min
Intéressant.
mars 2nd, 2011 at 22 h 39 min
Au cas où ca ne serait pas publié dans les commentaires de roliste TV :
Ou comment transformer le jdr en cours de marketing. Effarant.
J’ai bien regardé ta vidéo. Je salue d’ailleurs l’effort de « vulgarisation » du jdr, dans l’espoir de toucher un nouveau public. Mais je suis désolé, trop de choses me déplaisent. Il y a trop, beaucoup trop de glissements vers des terrains déplaisants et, à mon avis, totalement contre-productif.
A) Le Mj ambassadeur du JDR.
Cette idée me semble la plus saugrenue de toutes. Le Mj n’est pas l’ambassadeur de son loisir. Tout comme un pêcheur n’est pas l’ambassadeur de la pêche auprès du profane.
Un Mj ne représente rien, sinon SA vision du JDR, SON imaginaire, ses délires, ses envies, SA façon de faire, de masteriser et de créer.
Je ne comprends pas par quelle tournure d’esprit on peut avoir la suffisance et la prétention d’imaginer qu’il est possible, à titre individuel, de représenter un loisir aussi dense et complexe que le JDR.
B) De l’intérêt de la démarche.
Dans cette longue présentation, j’ai presque ressenti une sorte de désespoir hystérique. Ce fantôme qui a un moment ou un autre hante tous les rôlistes : « Oh mon dieu, notre loisir se meurt, toutes les boites d’édition coulent les unes après les autres, vite, vite, il nous faut de nouveau joueurs, des convertis ! »
Je pense que cette tournure d’esprit est profondément néfaste, comme l’est le prosélytisme sous toutes ses formes.
Le jeu de rôle est un loisir qui exige l’investissement prononcé de celui qui le pratique, en ce sens où il touche à un domaine que les gens ont tendance à chercher à protéger, à moins qu’ils ne soient particulièrement naifs : leur intimité. Le jdr touche l’intime, l’imaginaire, les sentiments, les émotions, les rêves. Toute sorte de chose qu’aucun « chantre » du jdr n’a le droit de « violer », sous prétexte qu’il veut faire découvrir son loisir en 10 minutes.
Le jeu de rôle n’a pas besoin de plus de convertis. Il se portera toujours bien, même quand il n’y aura plus qu’un seul rôliste sur terre. Il répond à des choses bien plus profondes que des considérations purement quantitatives.
Je pense, sincèrement, qu’il est inutile de « démarcher » – car c’est totalement la forme de la méthode présentée ici – auprès d’inconnus ou de semi-connaissances pour les introduire à ce loisir, ni de chercher à tout prix du sang neuf à nos parties. Qui plus est, je trouve lamentable de réduire à « dix minutes » l’initiation à un loisir aussi complexe. A quelles extrémités doit-on être réduit pour en arriver là ? Quel état d’esprit est nécessaire pour brader ainsi quelque chose qui nous passionne tant sur l’autel de l’instantanément consommable par de parfaits inconnus ?
C) L’initiation au jdr comme processus.
Qu’est-ce qui nous a mené au jeu de rôle ? Pourquoi aimons-nous ce que nous faisons ? Qu’y cherchons-nous ? Qu’est-ce que cela nous apporte concrètement ?
Et si initier quelqu’un prenait du temps ?
Comme avancé plus haut, je suis convaincu que le jdr touche à la sphère de l’intime et du subjectif. Pour ma part, c’est une passion, et je ne m’imagine pas partager quelque chose qui me passionne comme ça ou avec n’importe qui.
Les personnes que j’ai introduis au jdr – donc qui avant de me rencontrer n’y voyaient aucun intérêt – furent toutes des personnes avec lesquelles j’avais tissé des liens suffisamment forts pour qu’une sorte de confiance mutuelle s’installe entre nous. Je ne parle pas de BFF (best friend forever), d’amour de ma vie ou de mega pote qui tue; mais simplement de personnes avec qui j’appréciais passer du temps et que je ne rencontrais pas pour la première fois.
Ce confort d’être avec l’autre, ou cette confiance, est à mon avis primordial. Introduire quelqu’un à sa passion, c’est lui montrer une part de soi jusque là dissimulée, c’est partager quelque chose qui va au delà des conversations sur la météo ou le cours du choux vert guatémaltèque. Je ne pense pas qu’on puisse prendre à la légère quelque chose qui puisse avoir autant de résonnances que le jdr.
Bien entendu, je nuance mon propos : il ne s’agit pas de sacraliser le jdr et d’en faire un loisir ultime, extrêment profond et torturé. Simplement de le sortir de cette mentalité débectante qui malheureusement caractérise si bien l’évolution du monde ludique ces dernières années : la tendance fast-food.
D) Des ravages des MMO’s et de la nécessité d’aller plus loin que 10 minutes.
Un jeu de rôle en 10 minutes, c’est un jdr prêt à consommer, un jdr fast-food. Ce qu’on peut trouver sur WoW, ou dans un jeu vidéo. Tu veux faire du roleplay en ligne ? Connecte toi, tu trouveras du monde, c’est facile, rapide. Tu veux jouer ? Allume ta console, pas besoin d’appeler tes potes.
Ca, c’est le coeur du problème. Non, une partie de jdr ne pourra jamais faire dix minutes. Il est même naïf de penser, face à la complexité des mécanisme éxposés dans cette vidéo, qu’ils puissent tous être casés en 10 minute.
Pour aller plus loin, je pense qu’une partie de jdr se prépare, se réfléchit, même si le scénario est improvisé – on n’improvise jamais qu’autour de bases préalablement connues. Je pense même que c’est un flagrant manque de respect aux joueurs que de leur donner un Big Mac à peine cuit à bouffer alors qu’on pourrait leur sortir un plat subtil et élaboré, qui leur offrirait d’autant plus de plaisir et de satisfaction que ce temps volé à « jouer au cow-boy ».
Quel sentiment peut avoir un joueur après dix minutes ? Comment est-ce que quelque chose à peine préparé, durant à peine dix minute, peut le marquer au point qu’il veuille devenir rôliste à son tour ?
Au mieux, il est curieux de nature, et il réessaiera. Au pire, il oubliera le lendemain. C’est impossible, tout bonnement impossible de réduire une expérience aussi forte en dix minutes et la seule chose qu’on puisse obtenir grâce à cela, ce ne sont pas de nouveaux joueurs fidèles, mais au contraire l’accentuation d’une frivolité pré-existante. En habituant les joueurs, dès leur première fois, à consommer rapidement, il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils deviennent des piliers de campagne, ou simplement des gens investis dans ce loisir. Il serait bon d’essayer d’élever le niveau, plutôt que de le rabaisser avec ce genre de pratiques.
E) Du ménagement des joueurs.
Je parlais précédemment de respect au joueur. Je pense que forcer le joueur à réagir, dès sa première minute de sa toute première partie de jdr est la pire chose à faire. Si la personne est un peu timorée et qu’elle n’a eu que 4 minutes (pour citer l’auteur de la vidéo) de préparation, il y a toutes les chances du monde pour qu’elle se bloque et ne fasse rien. Sinon des choses qu’elle n’aimera pas.
En bref, encore une fois, une partie se prépare, prend du temps. Le jdr prend du temps. Respectons cela, respectons nos joueurs et assumons le coté difficile d’accés de notre loisir. Faisons une force de cet obstacle en nous inscrivant en opposition avec d’autres grands points de focalisation ludiques qui peuvent attirer les joueurs potentiels. Montrons leur que s’investir, même un peu, dans un loisir tel que le jdr, peut offrir des satisfactions plus grandes que ce qu’ils pourraient connaître dans un jeu vidéo, par exemple. Soyons patients, prenons notre temps et tout ira mieux. Le tout en évitant d’être élitiste, sans mépriser les autres pratiques et en faisant en sorte de toujours avoir une place à sa table pour quelqu’un qui veut faire l’essai.
Et sinon… Quand je veux introduire quelqu’un au jdr, je lui propose simplement d’assister, comme spectateur, à une de mes parties. Ca marche. Et généralement en cours de route il se transforme en joueur.
mars 2nd, 2011 at 23 h 09 min
C’est intéressant !
Je vais y aller de ma petite expérience pour rebondir. Selon moi, tout dépend de la configuration et du public.
Je suis animateurs sur des festivals de jeux de société et promeut le jdr ou plutôt ma façon de voir le jdr…
Pour celà je n’hésite pas à faire des « introductions » en 20/30 minutes environ, du même genre que ce qui est présenté. Grosso-modo le temps d’une partie de jeu de société.
C’est purement une introduction et dans un festival de jeux pour néophytes je pense que c’est important que le jeu soit associé (histoire de pas retomber dans des clichés parfois tenaces du genre : http://www.roliste.tv/videos-du-net/zone-interdie-de-1994-sur-le-jdr .
D’ailleurs globalement il y a un très bon écho et il est possible d’enchaîner (parfois directement) sur une démonstration « plus poussée » d’1 ou 2 heure (on est sur un festival, le timing est limité) qui sera les premisses de parties plus longues et plus poussée..
Précisions sur ce genre de festival je fait jouer des 10/20ans environ et leurs parents éventuellement.
Inversement, j’ai pu rencontrer des étudiants inspirés sur une manifestation similaire. Après des explications de ce qu’est le jdr (un peu comme dans la vidéo précédente des conseils aux meneurs) on a pu convenir d’une partie (la semaine dernière). Là du coup, on passe aux choses « sérieuses » 5h de jeux sur un jdr (Hellywood car je leur fait « choisir un jdr lié à un univers/film/bookin qu’ils aiment… pour introduire, autant que ça soit en « univers conquis ») et ça passe très bien (précision, il y a des joueurs confirmés avec eux au cas où un creux… pour « donner l’exemple ») ! Le RP est bon, le jeu très sympa, l’expérience apprécié, on re-jouera !
Par contre, je suis assez « contre » le fait de faire regarder une partie… je l’ai déjà fait, et globalement, j’intègre le joueur en cours de partie. Autant qu’il joue, même s’il est pas actif… autant que le MJ « soutienne » ses animations et que les joueurs permettent une émulsion. Généralement ça marche même avec les timides.